Plateformes numériques et places de marché : sécuriser votre modèle et vos responsabilités

Une plateforme numérique ne se résume pas à une interface technique.

Elle organise des relations entre plusieurs catégories d’acteurs, permet la diffusion de contenus ou d’offres, encadre des transactions, traite des données et peut intervenir dans le référencement, le classement, la recommandation ou la modération.

Pour l’entreprise qui l’exploite, cette organisation soulève des questions de qualification juridique, de conformité réglementaire, de responsabilité, de droit des contrats, de protection des données, de propriété intellectuelle et de maîtrise des risques de contentieux.

J’accompagne les organisations dans la conception, la sécurisation et l’évolution de leurs plateformes numériques et places de marché, du conseil à la maîtrise des risques de contentieux.

Mon approche consiste à analyser le fonctionnement effectif du service, les relations entre les parties et les mécanismes de décision de la plateforme afin d’identifier les obligations applicables, de sécuriser son architecture juridique et d’anticiper les situations susceptibles d’engager sa responsabilité.

Échanger sur votre plateformeIdentifier vos principaux risques juridiques

Une plateforme crée un écosystème juridique complexe

Une plateforme met en relation plusieurs catégories d’acteurs dont les droits, obligations et responsabilités ne sont pas nécessairement identiques.

L’analyse juridique doit donc partir du fonctionnement effectif du service.

Elle porte notamment sur :

  • l’identité et le rôle de l’opérateur ;
  • la qualification juridique du service ;
  • les catégories d’utilisateurs ;
  • les vendeurs et prestataires référencés ;
  • les relations contractuelles ;
  • les flux financiers ;
  • les contenus et offres diffusés ;
  • les traitements de données personnelles ;
  • les mécanismes de référencement et de classement ;
  • les systèmes de recommandation ;
  • les procédures de signalement et de modération ;
  • les décisions de suspension, retrait ou déréférencement ;
  • les mécanismes de réclamation et de règlement des litiges.

Cette analyse permet de déterminer le régime juridique applicable à la plateforme et les responsabilités respectives des différents acteurs.

Le modèle économique

Commission, abonnement, mise en relation, référencement payant, publicité ou services complémentaires : le modèle économique peut avoir des conséquences sur la qualification juridique du service et sur les obligations qui lui sont applicables.

Il faut notamment déterminer :

  • qui contracte avec qui ;
  • qui fixe les conditions commerciales ;
  • qui détermine ou influence le prix ;
  • qui encaisse les sommes ;
  • qui sélectionne les offreurs ;
  • qui contrôle l’exécution du service ;
  • quelle est l’étendue de l’intervention de l’opérateur dans la relation entre les utilisateurs.

Les relations juridiques entre les acteurs

Une plateforme peut mettre en relation des professionnels, des consommateurs, des particuliers ou des partenaires commerciaux.

Chaque relation doit être juridiquement qualifiée et contractuellement encadrée.

Les décisions de la plateforme

Le référencement, le classement, la recommandation, la modération, la suspension ou le déréférencement constituent des mécanismes opérationnels susceptibles de produire des effets juridiques et économiques significatifs.

L’architecture juridique doit donc être cohérente avec l’architecture fonctionnelle du service.

Quelle qualification juridique pour votre plateforme ?

La qualification juridique ne dépend pas du vocabulaire utilisé dans les conditions générales ou dans la présentation commerciale du service.

Elle dépend de ce que fait réellement la plateforme.

J’analyse notamment :

  • la nature du service ;
  • le rôle de l’opérateur ;
  • la conservation et la diffusion des informations ;
  • la fonction d’intermédiation ;
  • le degré d’intervention dans les transactions ;
  • les relations avec les vendeurs ;
  • les relations avec les consommateurs ;
  • les fonctionnalités effectivement proposées.

Cette qualification constitue le préalable à l’identification des obligations réglementaires et du régime de responsabilité applicable.

Le règlement (UE) 2022/2065 relatif à un marché unique des services numériques, dit Digital Services Act (DSA), définit notamment les services intermédiaires et les plateformes en ligne et encadre certaines activités de mise en relation.

Une plateforme ne devient pas juridiquement un simple intermédiaire parce qu’elle se présente comme tel.

Quelles obligations réglementaires pour une plateforme numérique ?

Le régime applicable dépend du modèle, des fonctionnalités et des catégories d’acteurs concernés.

Plusieurs corpus doivent parfois être articulés.

Digital Services Act — DSA

Le DSA peut notamment concerner :

  • les obligations de transparence ;
  • les mécanismes de notification et d’action ;
  • la modération des contenus ;
  • les décisions de restriction ou de suspension ;
  • les mécanismes internes de réclamation ;
  • les obligations propres à certaines plateformes ;
  • les obligations applicables aux places de marché.

L’analyse doit porter sur les obligations effectivement applicables au service concerné.

Règlement P2B

Le règlement (UE) 2019/1150, dit règlement P2B (Platform to Business), encadre les relations entre certaines plateformes en ligne et les entreprises utilisatrices de leurs services.

Il concerne notamment :

  • les conditions générales ;
  • leur modification ;
  • les restrictions, suspensions et résiliations ;
  • les motifs des décisions prises par la plateforme ;
  • les paramètres de classement ;
  • l’accès à certaines données ;
  • le traitement interne des plaintes.

Droit de la consommation

Le droit français de la consommation impose également certaines obligations spécifiques aux opérateurs de plateformes et aux places de marché.

Il faut notamment examiner les règles relatives :

  • au référencement ;
  • au déréférencement ;
  • au classement ;
  • à la transparence des relations commerciales ;
  • à l’information du consommateur ;
  • au fonctionnement de la mise en relation.

Certaines obligations françaises imposent notamment la mise à disposition d’informations accessibles depuis les pages du site concernant les conditions de référencement, de déréférencement et de classement ainsi que le fonctionnement de la mise en relation.

Directive (UE) 2019/2161

La directive (UE) 2019/2161, dite directive « Omnibus », a renforcé plusieurs obligations de transparence et d’information dans l’environnement numérique.

Elle doit être prise en compte dans l’analyse du dispositif applicable aux plateformes et places de marché.

Autres corpus juridiques

Selon l’activité, l’analyse peut également mobiliser :

  • le RGPD ;
  • le droit de la concurrence ;
  • le droit des contrats ;
  • le droit de la propriété intellectuelle ;
  • le droit du travail ;
  • le droit de la consommation ;
  • le droit public du numérique ;
  • les règles relatives à la cybersécurité ;
  • les réglementations sectorielles.

L’enjeu n’est pas d’additionner les textes, mais de déterminer leur articulation et leurs conséquences concrètes pour votre modèle.

Les textes qui commandent, et depuis quand

Une plateforme ne peut pas être analysée à partir d’un état du droit non daté : plusieurs générations de textes se sont succédé sur ce sujet, et l’une d’elles a disparu.

Le DSA est applicable depuis le 17 février 2024. C’est de cette date que courent les obligations propres aux places de marché : traçabilité des vendeurs professionnels, conformité de l’interface dès sa conception, information des acheteurs lorsqu’un produit illicite a été proposé — articles 30, 31 et 32 du règlement. Les articles 19 et 29 n’ajoutent aucune obligation : ce sont deux exclusions. L’article 29, intitulé « Exclusion des microentreprises et petites entreprises », écarte ces entreprises de la section 4 du règlement — celle des « dispositions supplémentaires applicables aux fournisseurs de plateformes en ligne permettant aux consommateurs de conclure des contrats à distance avec des professionnels », autrement dit les places de marché. L’article 19 fait de même pour la section précédente. Deux tempéraments : l’exclusion se prolonge douze mois après la perte du statut, mais elle ne joue jamais pour une très grande plateforme au sens de l’article 33. Et une exclusion à ce titre ne dispense de rien par ailleurs.

Le règlement P2B est applicable depuis le 12 juillet 2020 et le reste. La Commission européenne en a proposé l’abrogation le 19 novembre 2025 (COM(2025) 837 final, procédure 2025/0360(COD)), au motif d’un recouvrement partiel avec le DSA. La proposition a été renvoyée en commission au Parlement européen le 19 janvier 2026, un projet de rapport y a été déposé le 22 juin et des amendements le 27 juillet ; au 29 août 2026, ni le Parlement ni le Conseil n’ont arrêté de position en première lecture. Tant que l’abrogation n’est pas adoptée, les obligations demeurent. Cette évolution relève de la veille, non de l’anticipation.

Le droit français, lui, a changé de vocabulaire. La loi du 21 mai 2024 a supprimé, avec effet au 17 février 2024, la définition de l’« opérateur de plateforme en ligne » qui structurait le raisonnement depuis 2016 ; le code emploie désormais les notions de fournisseur de place de marché en ligne et de comparateur en ligne. Une analyse construite sur l’ancienne définition applique un texte qui n’est plus en vigueur. Les obligations d’information relatives au classement et au fonctionnement de la mise en relation figurent à l’article D. 111-8 du code de la consommation, dans sa rédaction issue du décret n° 2024-753 du 7 juillet 2024. Ce texte est exigeant sur la forme : les informations doivent figurer dans une rubrique directement et aisément accessible à partir de toutes les pages du site, sans que l’utilisateur ait besoin de s’identifier. Une information exacte mais enfouie dans les conditions générales ne répond donc pas à cette exigence — c’est une contrainte de construction du site autant que de rédaction. Une distinction mérite d’être relevée : depuis la même réforme, l’article L. 111-7 II ne rattache le référencement et le déréférencement qu’aux comparateurs en ligne ; pour une place de marché, l’obligation d’information porte sur les modalités de classement.

Un dernier exemple, instructif : le cyberscore. L’article L. 111-7-3 du code de la consommation prévoit un audit de cybersécurité pour les plateformes dépassant certains seuils, avec un résultat présenté sous forme colorielle. Le texte est en vigueur depuis le 1er octobre 2023, mais le décret qui devait fixer ces seuils n’a jamais été adopté : l’obligation existe sans champ d’application. Cela ne vaut pas dispense — les obligations de sécurité tenant à la directive NIS 2, au DSA et aux engagements contractuels ne dépendent pas de ce dispositif — et un décret peut paraître à tout moment.

Textes vérifiés au 29 août 2026. Sur ce sujet, la date fait partie de l’information.

Conformité : traduire les obligations réglementaires dans le fonctionnement de la plateforme

La conformité d’une plateforme ne se limite pas à ses conditions générales.

Elle doit être intégrée dans les processus, les interfaces, les parcours utilisateurs et les procédures internes.

Cartographier les obligations

J’identifie notamment :

  • les obligations applicables à l’opérateur ;
  • celles qui concernent les vendeurs ;
  • celles qui concernent les utilisateurs ;
  • les obligations d’information ;
  • les obligations de transparence ;
  • les obligations de diligence ;
  • les obligations de coopération ;
  • les procédures de signalement ;
  • les mécanismes de réclamation.

Formaliser le dispositif de conformité

Selon les besoins du projet, cela peut comprendre :

  • CGU ;
  • CGV ;
  • conditions applicables aux vendeurs ;
  • politiques de modération ;
  • procédures de notification ;
  • procédure de traitement des réclamations ;
  • informations réglementaires ;
  • politiques de confidentialité ;
  • procédures internes ;
  • documentation de gouvernance.

Sécuriser l’interface

Certaines obligations dépendent directement de la manière dont l’information est présentée à l’utilisateur.

La présentation du vendeur, le libellé des boutons, les messages de confirmation, les informations affichées sur une fiche produit ou les modalités de présentation du classement peuvent avoir une portée juridique.

La conformité doit donc être pensée conjointement avec l’UX et les choix fonctionnels de la plateforme.

Places de marché : obligations relatives aux vendeurs et aux consommateurs

Les places de marché présentent des problématiques spécifiques en raison de la relation triangulaire entre l’opérateur, le vendeur et l’acheteur.

Identification et vérification des vendeurs

Certaines obligations imposent à l’opérateur de recueillir et de vérifier les informations permettant d’identifier les vendeurs professionnels avant leur accès au service.

Il faut donc prévoir :

  • une procédure de collecte ;
  • la vérification des informations ;
  • la conservation des justificatifs ;
  • l’actualisation des données ;
  • les modalités d’affichage à destination de l’acheteur.

Le dispositif doit être conçu pour que l’identité du vendeur demeure identifiable dans le parcours de l’utilisateur.

Information précontractuelle

L’architecture de la plateforme doit permettre au vendeur de satisfaire à ses propres obligations d’information précontractuelle.

La plateforme doit donc intégrer ces exigences dans les fonctionnalités proposées aux professionnels.

Produits ou services illicites

Lorsqu’un produit ou service illicite a été proposé, l’opérateur peut être soumis à des obligations particulières d’information et de diligence.

Cela suppose d’anticiper :

  • le signalement ;
  • la qualification de la situation ;
  • le retrait ;
  • l’information des acheteurs ;
  • la conservation des éléments utiles ;
  • les suites à donner au vendeur concerné.

Pour une présentation d’ensemble du statut, des obligations et des responsabilités des places de marché : Les marketplaces : statut, obligations et responsabilités.

Référencement, classement et déréférencement

Les mécanismes de classement constituent un enjeu juridique majeur pour les plateformes.

Il faut identifier :

  • les critères de classement ;
  • les principaux paramètres ;
  • les modalités de référencement ;
  • les conditions de déréférencement ;
  • les éventuelles relations économiques influençant le classement ;
  • les règles applicables aux décisions de suspension ou de retrait.

Pour les plateformes entrant dans le champ du règlement P2B, certaines informations relatives aux paramètres de classement doivent notamment être prévues dans les conditions générales.

En droit français, l’obligation d’information porte désormais sur le classement : depuis la loi du 21 mai 2024, l’article L. 111-7 du code de la consommation ne rattache le référencement et le déréférencement qu’aux comparateurs en ligne. Une place de marché doit donc rendre accessibles les principaux paramètres de classement et leur ordre d’importance ; les décisions de suspension, de restriction ou de résiliation relèvent, elles, du règlement P2B tant qu’il s’applique.

Le classement algorithmique devient ainsi une question à la fois contractuelle, réglementaire et économique.

Responsabilité de la plateforme : le rôle de l’interface

La responsabilité de l’opérateur ne peut pas toujours être déterminée à partir des seules conditions générales.

La manière dont le service est présenté peut également avoir une incidence.

Lorsqu’une interface conduit un consommateur moyen à penser qu’un bien ou un service est fourni par la plateforme elle-même, le régime de responsabilité peut être affecté dans les conditions prévues par le DSA.

Il faut donc examiner concrètement :

  • la présentation de la fiche produit ;
  • l’identification du vendeur ;
  • la place de la marque de la plateforme ;
  • les messages de confirmation ;
  • les modalités de paiement ;
  • le service après-vente ;
  • les conditions de réclamation ;
  • les informations relatives au contrat.

Le droit de la plateforme est aussi un droit de l’interface.

La même question, vue du côté de la personne qui subit une décision de la plateforme : Responsabilité des plateformes.

Données personnelles et gouvernance des données

Une plateforme peut traiter des données relatives :

  • aux utilisateurs ;
  • aux vendeurs ;
  • aux transactions ;
  • aux comportements ;
  • aux préférences ;
  • aux interactions ;
  • aux réclamations.

L’analyse juridique doit notamment porter sur :

  • la qualification des responsables de traitement et sous-traitants ;
  • les finalités des traitements ;
  • les bases légales ;
  • l’information des personnes ;
  • les durées de conservation ;
  • l’exercice des droits ;
  • les destinataires ;
  • les transferts ;
  • la sécurité ;
  • les analyses d’impact lorsque requises.

Les données peuvent également alimenter des systèmes de recommandation, de classement ou de profilage.

La gouvernance des données doit donc être cohérente avec les fonctionnalités de la plateforme.

Algorithmes, recommandation et transparence algorithmique

Les plateformes peuvent utiliser des systèmes automatisés pour :

  • classer les offres ;
  • recommander des contenus ;
  • personnaliser les résultats ;
  • détecter des comportements ;
  • lutter contre la fraude ;
  • modérer des contenus ;
  • cibler des publicités.

Ces mécanismes soulèvent des questions de :

  • transparence ;
  • traçabilité ;
  • gouvernance ;
  • explicabilité ;
  • protection des données ;
  • biais ;
  • discrimination ;
  • supervision ;
  • responsabilité.

La transparence algorithmique constitue ainsi une composante de la responsabilité numérique de la plateforme.

Contrats : sécuriser l’ensemble de la chaîne contractuelle

Une plateforme repose sur une architecture contractuelle à plusieurs niveaux.

Contrats avec les utilisateurs

Selon le modèle :

  • conditions générales d’utilisation ;
  • conditions générales de vente ;
  • conditions de paiement ;
  • règles de suspension ;
  • règles de résiliation ;
  • clauses de responsabilité ;
  • mécanismes de règlement des litiges.

Contrats avec les vendeurs

Je peux notamment intervenir sur :

  • les conditions d’accès ;
  • les obligations du vendeur ;
  • le référencement ;
  • les commissions ;
  • les données ;
  • la propriété intellectuelle ;
  • les garanties ;
  • la responsabilité ;
  • la suspension ;
  • la résiliation ;
  • les mécanismes de réclamation.

Contrats technologiques

La plateforme doit également sécuriser ses relations avec les prestataires techniques :

  • développement ;
  • SaaS ;
  • cloud ;
  • hébergement ;
  • maintenance ;
  • infogérance ;
  • cybersécurité ;
  • solutions de paiement ;
  • fournisseurs de données.

Les engagements pris auprès de ces prestataires doivent être cohérents avec les obligations que l’opérateur assume lui-même envers ses utilisateurs.

Propriété intellectuelle et actifs immatériels

Une plateforme peut constituer un portefeuille important d’actifs immatériels :

  • logiciels ;
  • bases de données ;
  • interfaces ;
  • marques ;
  • contenus ;
  • photographies ;
  • vidéos ;
  • textes ;
  • créations des utilisateurs ;
  • savoir-faire.

Il faut sécuriser les droits détenus, les licences consenties, les conditions de réutilisation et les mécanismes de retrait.

Les problématiques de contrefaçon, d’atteinte aux droits d’auteur, de reprise de contenus ou d’utilisation non autorisée d’actifs immatériels peuvent également donner lieu à des mesures précontentieuses ou judiciaires.

Cybersécurité, incidents et preuve numérique

Une plateforme doit également être appréhendée sous l’angle de la sécurité des systèmes d’information.

Une violation de données, une compromission, une attaque ou une indisponibilité du service peut faire naître plusieurs problématiques juridiques simultanées.

J’interviens notamment sur :

  • la qualification juridique de l’incident ;
  • l’analyse des obligations de notification ;
  • la coordination avec les équipes techniques ;
  • la conservation et la préservation de la preuve numérique ;
  • les relations avec les autorités ;
  • l’analyse des responsabilités ;
  • les obligations contractuelles ;
  • la gestion de crise ;
  • la préparation du précontentieux ou du contentieux.

Prévenir et maîtriser les risques de contentieux

Le contentieux peut concerner l’opérateur, les vendeurs, les partenaires ou les utilisateurs.

Les différends peuvent notamment porter sur :

  • une suspension de compte ;
  • un déréférencement ;
  • un retrait de contenu ;
  • une décision de modération ;
  • une rupture contractuelle ;
  • des commissions ;
  • une atteinte à la propriété intellectuelle ;
  • une violation de données ;
  • une décision algorithmique ;
  • une obligation réglementaire ;
  • une demande d’une autorité ;
  • la responsabilité de l’opérateur.

Anticiper les risques de contentieux

La prévention du contentieux commence dès la conception du dispositif juridique.

Il est donc essentiel de sécuriser :

  • les contrats ;
  • les procédures ;
  • les décisions ;
  • les preuves ;
  • les règles de classement ;
  • les échanges avec les utilisateurs ;
  • les éléments techniques utiles ;
  • la documentation des mesures prises.

Gérer une situation précontentieuse

Lorsqu’un différend apparaît, j’analyse :

  • les prétentions des parties ;
  • les fondements juridiques invoqués ;
  • les éléments de preuve ;
  • les risques financiers ;
  • les risques réglementaires ;
  • les risques réputationnels ;
  • les possibilités de négociation ;
  • les conditions d’une éventuelle action judiciaire.

L’objectif est de maîtriser le risque de contentieux, tout en préservant les intérêts de l’organisation.

Contentieux

Lorsque le règlement amiable n’est pas possible, je peux intervenir dans la stratégie contentieuse et la défense des intérêts de l’organisation, notamment sur les questions de responsabilité contractuelle, numérique, réglementaire ou liée aux données.

Une approche juridique de la conception à la maîtrise des risques de contentieux

Je considère qu’une plateforme doit être pensée selon une trajectoire juridique complète.

01 — Qualifier

Identifier le rôle de l’opérateur, les acteurs, le modèle économique et le régime juridique applicable.

02 — Cartographier

Identifier les flux contractuels, financiers, informationnels et de données ainsi que les principaux risques.

03 — Structurer

Construire l’architecture contractuelle, documentaire et organisationnelle.

04 — Mettre en conformité

Traduire les obligations réglementaires dans les contrats, procédures, interfaces et parcours utilisateurs.

05 — Sécuriser

Analyser les risques liés aux données, aux algorithmes, à la cybersécurité, à la propriété intellectuelle et à la responsabilité.

06 — Prévenir

Anticiper les situations susceptibles de générer une réclamation, une mise en demeure, un contrôle ou un différend.

07 — Maîtriser les risques de contentieux

Préserver les preuves, évaluer les positions en présence, définir la stratégie appropriée et, lorsque cela est nécessaire, préparer la défense de l’organisation.

Cette continuité entre qualification juridique, conformité, contrats, gestion des risques et maîtrise des risques de contentieux constitue le cœur de mon approche.

Une approche particulièrement adaptée aux PME et entreprises innovantes

Pour une PME ou une entreprise innovante, une plateforme peut constituer un actif stratégique tout en concentrant une part importante du risque juridique.

Mon intervention vise à apporter une lecture transverse du modèle, proportionnée aux enjeux de l’organisation.

Il ne s’agit pas d’accumuler des documents contractuels ou des procédures.

Il s’agit de construire une architecture juridique cohérente avec votre modèle économique, vos contraintes opérationnelles et votre niveau d’exposition au risque.

Dans quelles situations puis-je intervenir ?

Vous développez une plateforme ou une place de marché ?

Vous devez qualifier juridiquement votre service et déterminer le régime réglementaire applicable ?

Vous souhaitez sécuriser vos conditions générales ou vos contrats avec les vendeurs ?

Vous devez mettre votre plateforme en conformité avec le DSA, le droit de la consommation ou le règlement P2B ?

Vous souhaitez revoir vos mécanismes de référencement, de classement ou de recommandation ?

Vous rencontrez une difficulté liée à une suspension, un retrait ou un déréférencement ?

Vous devez revoir votre gouvernance des données ou vos contrats avec vos prestataires techniques ?

Un incident de cybersécurité ou une violation de données affecte votre plateforme ?

Un vendeur, un partenaire ou un utilisateur conteste une décision ?

Vous anticipez un contrôle, une mise en demeure ou un risque de contentieux ?

Je peux vous accompagner pour qualifier la situation, hiérarchiser les risques et définir la stratégie juridique appropriée.

Ce que je traite

Régulation des plateformes et conformité numérique

DSA, règlement P2B, droit de la consommation, obligations de transparence, notification et action, modération, restrictions de comptes, déréférencement et relations avec les autorités.

Places de marché et relations avec les vendeurs

Qualification du service, identification des vendeurs, obligations d’information, référencement, classement, commissions, mise en relation, produits illicites et réclamations.

Contrats numériques et architecture contractuelle

CGU, CGV, contrats vendeurs, contrats d’intermédiation, partenariats, sous-traitance, SaaS, cloud, contrats data, responsabilité, garanties, suspension et résiliation.

Données et propriété intellectuelle

RGPD, gouvernance des données, partage de données, logiciels, bases de données, contenus, marques, droits d’auteur, licences et actifs immatériels.

Algorithmes et transparence

Classement, recommandation, profilage, modération, décisions automatisées, transparence, traçabilité, biais et responsabilité algorithmique.

Cybersécurité et gestion des incidents

Violations de données, incidents cyber, obligations de notification, conservation de la preuve, gestion de crise et analyse des responsabilités.

Responsabilité et maîtrise des risques de contentieux

Responsabilité contractuelle et numérique, litiges avec partenaires ou utilisateurs, déréférencement, suspension de comptes, expertise, référés, précontentieux stratégique, prévention et maîtrise des risques de contentieux.

Pourquoi faire appel à une avocate en droit du numérique ?

Une plateforme ne relève jamais d’une seule branche du droit.

Son fonctionnement peut mobiliser simultanément le droit du numérique, le droit des contrats, la protection des données, la propriété intellectuelle, la cybersécurité, le droit de la consommation, la régulation européenne et la responsabilité.

C’est cette transversalité que je mets au cœur de mon intervention.

Mon parcours m’a conduite à travailler sur des environnements mêlant innovation, propriété intellectuelle, gouvernance, contrats, conformité et transformation numérique.

J’interviens du conseil à la maîtrise des risques de contentieux afin de pouvoir accompagner l’ensemble de la trajectoire juridique du projet : qualifier, structurer, contractualiser, mettre en conformité, prévenir les risques et, lorsque cela devient nécessaire, préparer la défense des intérêts de l’organisation.

Cette approche s’inscrit dans ma conception de la responsabilité numérique : les technologies doivent pouvoir se développer dans un cadre juridiquement maîtrisé, qui protège les organisations, leurs actifs, leurs utilisateurs et les droits fondamentaux.

Questions fréquentes sur les plateformes et les places de marché

Qu’est-ce qu’une plateforme numérique au sens juridique ?

La qualification juridique dépend du fonctionnement effectif du service et du rôle joué par son opérateur.

L’analyse porte notamment sur la conservation et la diffusion d’informations, la mise en relation des utilisateurs, le degré d’intervention de l’opérateur et les fonctionnalités proposées.

Quelle est la différence entre une plateforme numérique et une place de marché ?

Une place de marché constitue une catégorie particulière de service permettant notamment à des vendeurs de proposer des biens ou services à des consommateurs ou utilisateurs.

Les obligations applicables dépendent du fonctionnement concret du service et des catégories d’acteurs mises en relation.

Qu’est-ce que le règlement P2B ?

Le règlement P2B encadre certaines relations entre les plateformes en ligne et les entreprises utilisatrices de leurs services.

Il comporte notamment des exigences relatives aux conditions générales, au classement, aux suspensions et résiliations et aux mécanismes internes de traitement des plaintes.

Quelles obligations le DSA impose-t-il aux plateformes ?

Le DSA prévoit différentes obligations selon la catégorie de service concernée.

Elles peuvent notamment porter sur la transparence, la notification et l’action, la modération, les restrictions de comptes, les mécanismes de réclamation et, pour certaines plateformes ou places de marché, des obligations spécifiques.

Une marketplace doit-elle identifier ses vendeurs ?

Certaines obligations européennes imposent aux places de marché concernées de recueillir et vérifier des informations permettant d’identifier les vendeurs professionnels et de permettre leur identification par les acheteurs.

Le référencement et le classement sont-ils des sujets juridiques ?

Oui.

Les mécanismes de référencement, de classement et de recommandation peuvent avoir une incidence économique directe sur les professionnels présents sur la plateforme.

Ils peuvent donc relever à la fois du droit de la consommation, du règlement P2B, de la transparence réglementaire et du droit des contrats.

Une plateforme est-elle responsable des produits vendus par ses utilisateurs ?

La réponse dépend notamment du rôle effectif de l’opérateur, du régime juridique applicable et de la manière dont la plateforme présente le vendeur et le produit.

L’interface peut notamment jouer un rôle dans l’appréciation de la responsabilité.

Comment sécuriser juridiquement une marketplace ?

Je commence par qualifier le service et cartographier son modèle économique, ses acteurs, ses flux, ses contrats, ses données et ses mécanismes algorithmiques.

Cette analyse permet ensuite de déterminer les obligations applicables et de construire une architecture contractuelle, réglementaire et opérationnelle cohérente.

Que faire en cas de déréférencement ou de suspension contestée ?

Il faut analyser le fondement de la décision, les conditions contractuelles applicables, la procédure suivie, les motifs communiqués et les éléments de preuve.

Une analyse précontentieuse permet ensuite d’évaluer les risques et les options de réponse.

Comment gérer un incident cyber affectant une plateforme ?

La réponse doit articuler qualification de l’incident, obligations réglementaires, contrats, conservation de la preuve, responsabilités et stratégie de crise.

Une coordination étroite entre les équipes techniques, juridiques et dirigeantes est généralement nécessaire.

Une plateforme juridiquement maîtrisée est un actif stratégique

Une plateforme ne doit pas seulement fonctionner.

Elle doit pouvoir évoluer, être gouvernée, respecter les obligations qui lui sont applicables, résister aux incidents et aux contestations et accompagner durablement le développement de l’entreprise.

C’est dans cette perspective que j’accompagne les organisations : en articulant qualification juridique, conformité réglementaire, gouvernance, contrats, maîtrise des risques et maîtrise des risques de contentieux.

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Informations professionnelles

Les informations présentées sur cette page ont une vocation générale et pédagogique. Elles ne constituent pas une consultation juridique et ne peuvent remplacer l’examen personnalisé d’une situation.

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Me Fatima Ghilassene — Avocate au Barreau de Lille
FG Avocat — Lille
Droit du numérique · Intelligence artificielle · Gouvernance des données · Cybersécurité

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