Catégorie : Ressources

Les marketplaces : statut, obligations et responsabilités

Définition d’une marketplace Une marketplace est une plateforme en ligne qui permet à des vendeurs tiers de proposer leurs biens ou services à des consommateurs.Elle peut être un simple intermédiaire (mise en relation) ou vendeur direct (vente en son nom propre). 📚 Références : Statut juridique des marketplaces Type de rôle Conséquence juridique Intermédiaire (hébergeur) Règles de responsabilité limitée (DSA, art. 6) Vendeur direct Application du droit de la consommation (rétractation, garantie, etc.) 🔎 Point clé : si la plateforme dissimule l’identité du vendeur tiers ou induit en erreur sur son rôle, elle peut être requalifiée en vendeur professionnel. Obligations envers le consommateur 1. Obligation de transparence et de loyauté (art. L.111-7 et L.221-5 C. consommation) 📌 Non-respect = pratique commerciale trompeuse → sanctions civiles et administratives 2. Obligations renforcées avec le DSA Depuis février 2024, les marketplaces très utilisées (VLOP) ont des obligations accrues : 💡 Exemples : Amazon, AliExpress, Rakuten, Vinted, Etsy. Responsabilité de la marketplace vis-à-vis des consommateurs Situation Responsabilité Erreur du vendeur tiers Responsabilité contractuelle du vendeur, sauf si la plateforme agit comme professionnel Délai de rétractation non respecté Si plateforme assimilée à vendeur → responsabilité directe Produit dangereux ou contrefait Responsabilité possible si la plateforme connaissait le contenu illicite et n’a pas agi promptement Dark patterns Responsabilité propre pour pratiques trompeuses (art. L.121-2 et DSA art. 25) Exemple : CJUE Amazon EU (C-649/17) → Amazon est responsable comme vendeur s’il gère l’ensemble du processus (présentation, paiement, expédition). Responsabilité envers les vendeurs tiers 1. Encadrement du contrat de prestation 📚Règlement P2B (UE) 2019/1150 2. Responsabilité contractuelle Exemples d’infractions constatées par la DGCCRF Infraction Sanctions Absence de traçabilité des vendeurs Amendes jusqu’à 300 000 € Absence d’information sur le droit de rétractation Allongement du délai à 12 mois Faux avis clients non modérés Amendes / injonctions administratives Dark patterns (ex : ajout automatique d’assurance) Enquête + Sanction pour pratiques commerciales trompeuses Ressources utiles

Lire la suite »

TPE/PME : pourquoi vous devez connaître le Règlement P2B

Vous vendez sur une marketplace ? Vous êtes développeur d’applications sur un app store ? Vous dépendez d’une plateforme pour votre visibilité en ligne ? Le règlement européen P2B vous concerne directement. Qu’est-ce que le Règlement P2B ? Le Règlement (UE) 2019/1150 du 20 juin 2019, dit P2B (Platform-to-Business), est entré en vigueur le 12 juillet 2020. Il vise à rééquilibrer les rapports de force entre les plateformes numériques (marketplaces, app stores, moteurs de recherche) et les entreprises utilisatrices (vendeurs tiers, développeurs, prestataires), en imposant des règles de transparence, de loyauté contractuelle et de recours effectifs. 🔗 Source : EUR-Lex – CELEX 32019R1150 ⚖️ Pourquoi c’est important pour votre entreprise ? 1. Vous bénéficiez de droits concrets face aux plateformes Le P2B impose notamment aux plateformes : 🎯 Par exemple : une marketplace ne peut plus supprimer un compte vendeur sans explication et voie de recours. 2. Vous pouvez contester des pratiques abusives ou discriminatoires De nombreuses PME ont été confrontées à : 👉 Le règlement P2B permet de demander la réintégration, d’engager la responsabilité contractuelle de la plateforme, ou de saisir un médiateur professionnel agréé. 🔗 Voir aussi : Étude d’impact de la Commission européenne (2022) sur la mise en œuvre du P2B : https://ec.europa.eu/docsroom/documents/50053 🚨 Le saviez-vous ? 💡 Comment faire valoir vos droits ? ✅ Faites auditer vos conditions de référencement sur les marketplaces ou app stores.  ✅ Activez le système interne de plainte prévu par la plateforme.  ✅ Saisissez un médiateur agréé ou introduisez une action en responsabilité contractuelle si     nécessaire. 

Lire la suite »

Les dark patterns

Ces manipulations invisibles qui influencent vos choix en ligne Que sont les dark patterns ? Les dark patterns désignent des interfaces numériques (site, app, plateforme) volontairement conçues pour manipuler ou tromper l’utilisateur.Ces interfaces sont conçues de manière à vous inciter à faire quelque chose que vous n’auriez pas choisi librement : acheter, accepter des cookies, souscrire une option ou fournir des données personnelles. 💡 Concept formalisé en 2010 par Harry Brignull👀 De plus en plus répandus dans les interfaces de e-commerce, plateformes numériques, et réseaux sociaux Exemples de dark patterns 🟠 Consentement forcé : bouton « Tout accepter » très visible, « Refuser » ou « Paramétrer » en petit ou caché 🟡 Options ajoutées automatiquement au panier (assurance, accessoire…) 🔴 Faux compte à rebours ou « derniers exemplaires disponibles » 🟣 Désabonnement complexe : plusieurs étapes, lien caché 🟢 Notifications intrusives, impossibles à refuser sans quitter le site Ce que dit la loi 🇪🇺 Directive 2005/29/CE – Pratiques commerciales déloyales Cette directive s’applique à toute relation commerciale B2C, en ligne ou hors ligne. Elle distingue : ➡️ Les dark patterns peuvent combiner les deux.🔗 Résumé officiel de la directive – EUR-Lex 🇫🇷 Transposition dans le Code de la consommation : 🇪🇺 Autres textes européens : Pourquoi ces interfaces sont encadrées ? Les dark patterns : 💡 L’IA peut aggraver le phénomène : en personnalisant les dark patterns, en adaptant l’interface à votre profil psychologique ou comportemental. Quels sont vos droits ? Que faire si vous constatez ces pratiques ? Pour aller plus loin : ✅ En résumé Le droit protège le consommateur contre les interfaces trompeuses, mais l’efficacité dépend aussi de votre vigilance et de votre capacité à faire valoir vos droits. 🎯 Un bon design vous guide. Un dark pattern vous piège. Exigeons un numérique loyal.

Lire la suite »

CLAUSES ABUSIVES

Comment les repérer, les contester, et faire valoir vos droits Qu’est-ce qu’une clause abusive ? Une clause abusive est une disposition contractuelle qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au détriment du consommateur. ➡️ Elle est réputée non écrite, donc inapplicable, même si le contrat a été signé. Que dit le droit ? Code civil : art. 1171 (clause abusive dans les contrats d’adhésion) Comment les repérer ? Posez-vous ces questions : 👉 Consultez les listes noire et grise publiées par la DGCCRF. Exemples typiques de clauses abusives Clause Fondement juridique « Aucun remboursement possible » Atteinte au droit à restitution (Cass. 2009) « L’entreprise peut modifier les prix sans préavis » Déséquilibre manifeste (Cass. 2021) « Vous renoncez à tout recours judiciaire » Atteinte à l’accès au juge (CJUE, Océano) « Litiges uniquement à l’étranger » Clause de for abusive (CJUE) « Vous devez payer même sans service rendu » Contradiction avec la finalité du contrat Comment contester une clause abusive ? Première étape : 1. Identifiez la clause litigieuse2. Adressez un courrier ou mail au professionnel, en citant : Modèle de formulation :« La clause [nommée ou décrite] crée un déséquilibre significatif au sens des articles L. 212-1, L. 241-1 du Code de la consommation et 1171 du Code civil. Elle est donc réputée non écrite. Je vous demande de procéder à [remboursement/rectification/etc.]. » Si refus ou silence du professionnel : Et si le litige persiste ? 👉 Vous pouvez : Un avocat peut vous accompagner : À retenir

Lire la suite »

Protection des lanceurs d’alerte

📊 Qui est le lanceur d’alerte ? Un lanceur d’alerte est une personne physique qui signale, de bonne foi et sans contrepartie financière directe, une infraction, un crime, un délit, ou une menace grave pour l’intérêt général, dont elle a eu personnellement connaissance dans un cadre professionnel. Depuis la loi « Sapin 2 » du 9 décembre 2016, et sa réforme par la loi du 21 mars 2022 transposant la directive européenne 2019/1937, les droits des lanceurs d’alerte ont été renforcés. 🔹 Ce qui peut être signalé Le lanceur d’alerte peut signaler toute information portant sur des faits répréhensibles ou des comportements menaçant l’intérêt général, notamment : ✅ Une infraction : Il s’agit de tout crime ou délit puni par la loi. Exemples d’infractions fréquemment signalées : ✅ Une menace ou un préjudice grave pour l’intérêt général : Même en l’absence d’infraction pénale, certains faits peuvent porter gravement atteinte à l’intérêt général : ✅ Une violation du droit de l’Union européenne ou d’une obligation internationale : 💡 Le lanceur d’alerte n’a pas à démontrer les faits, mais doit disposer d’informations sérieuses et crédibles. 🔺 Comment lancer l’alerte ? Les textes prévoient un parcours de signalement en plusieurs étapes : Le lanceur d’alerte peut aussi effectuer un signalement directement externe, sans passer par l’interne, si la situation l’exige. ⚠️ Quelles protections pour le lanceur d’alerte ? Le lanceur d’alerte bénéficie de plusieurs garanties : ❗ Difficultés rencontrées dans la pratique Malgré les garanties prévues par la loi, de nombreux obstacles persistent : Ces réalités renforcent la nécessité d’un accompagnement juridique dès le début de la démarche. 📆 Textes de référence Votre avocat vous aide à :

Lire la suite »

Vos droits face à une situation de discrimination 

📊 Ce que dit la loi La discrimination est définie par le Code pénal (Code pénal (art. 225-1 et suivants) comme une distinction injustifiée fondée sur un critère protégé, ayant pour effet de défavoriser une personne dans l’accès à un droit ou un service. Elle est punie par la loi, qu’elle soit directe ou indirecte, intentionnelle ou non. 🔹 Les critères de discrimination interdits La loi reconnaît aujourd’hui 25 critères de discrimination prohibés, parmi lesquels : 🔹 Domaines concernés Les discriminations peuvent intervenir dans de nombreux domaines du quotidien : 🔹 Vos droits en tant que victime Si vous êtes victime de discrimination, vous avez droit à : ⚖️ Les recours possibles ⚖️ Votre avocat peut vous aider à : 

Lire la suite »

Égalité d’accès au service public à l’ère numérique : droits, obligations et recours

Le principe d’égalité devant le service public interdit toute discrimination injustifiée dans l’accès aux services publics. Il implique que tous les usagers, y compris en situation de handicap, doivent pouvoir accéder aux démarches, prestations et informations publiques.

Ce principe est garanti par :
– La Constitution française
– La Convention européenne des droits de l’homme (art. 6 et 13)
– Le droit de l’Union européenne, notamment en matière d’accessibilité numérique

Lire la suite »

Recommandations CNIL : IA et RGPD

  La CNIL vient de publier ses recommandations sur l’intelligence artificielle et le RGPD. Destinées à accompagner les entreprises dans la mise en conformité de leurs projets intégrant l’IA, ces recommandations apportent un éclairage pratique sur les principales exigences juridiques en matière de traitement des données personnelles.   

Lire la suite »

🔥 Pourquoi la cybersécurité est-elle un enjeu majeur en 2025 ? La cybersécurité est devenue une priorité pour les entreprises, les administrations et les particuliers. La hausse exponentielle des cyberattaques met en péril la protection des données personnelles et la sécurité des infrastructures numériques. Cet article vous apporte des réponses claires aux 10 questions essentielles à se poser sur la cybersécurité. 1️⃣ Pourquoi le nombre de cyberattaques explose-t-il ? L’augmentation des cyberattaques s’explique par plusieurs facteurs : 📈 Transformation numérique : la dépendance aux outils numériques expose davantage les entreprises et les institutions aux cybermenaces. 🎯 Exploitation de vulnérabilités humaines et techniques : les cybercriminels exploitent les vulnérabilités des systèmes mais surtout humaines. 💰 Motif financier : les données personnelles et bancaires se revendent à prix d’or sur le darkweb. 🌍 Contexte géopolitique : les attaques menées par des États ou des groupes criminels organisés se multiplient (ex. cyberespionnage). 👉 Exemple récent : en 2024, les attaques par rançongiciels ont augmenté de 50 % par rapport à 2023 (Source : ANSSI). 2️⃣ Quelles sont les principales formes de cyberattaques ? Les cyberattaques prennent plusieurs formes, notamment : 📨 Le phishing : email frauduleux pour voler des identifiants. 🔒 Le rançongiciels (Ransomware) : blocage des données contre rançon. 🖥️ Attaques DDoS : saturation des serveurs pour paralyser un site. 🔓 Exploitation de failles : piratage via une vulnérabilité logicielle. 🎭 Ingénierie sociale : manipulation psychologique pour obtenir des accès. 📊 Vol de données : exfiltration frauduleuse d’informations sensibles. 3️⃣ Quelles sont les principales cibles des cybercriminels ? 🏢 Entreprises : PME, startups et grands groupes (vol de données, espionnage, ransomware). 🏛️ Administrations publiques : Hôpitaux, collectivités, institutions étatiques (cyberattaques visant des services essentiels). 👤 Particuliers : vol d’identité, escroqueries en ligne. 4️⃣ Qui sont les auteurs des cyberattaques ? 5️⃣ Quelles sont leurs motivations ? 💵 L’argent : revente de données volées, extorsion. 🔍 L’espionnage : collecte d’informations confidentielles. 🎭 Désinformation : manipulation de l’opinion publique. 💥 Sabotage : paralyser l’activité de la cible 6️⃣ Quelles sont les conséquences d’une cyberattaque ? Pour les entreprises : ✅ Pertes financières majeures.✅ Atteinte à la réputation.✅ Risques juridiques (ex. non-conformité RGPD). Pour les particuliers : ✅ Usurpation d’identité et fraude bancaire.✅ Divulgation de données personnelles et d’informations confidentielles✅ Stress et sentiment d’insécurité numérique. 7️⃣ Quelles sanctions en cas de cyberattaque ? Les cyberattaques constituent des infractions pénales. Selon la qualification retenue, les auteurs encourent les sanctions suivantes : 🔹 Sanction renforcée pour les attaques visant des infrastructures critiques : Jusqu’à 15 ans de prison. 8️⃣ Que faire en cas de cyberattaque ?  9️⃣ Pourquoi porter plainte en cas de cyberattaque ? 🔎 Permettre une enquête et identifier les cybercriminels. ⚖️ Obtenir réparation des préjudices subis. 📊 Améliorer la lutte contre la cybercriminalité en alimentant les bases de données des autorités. 🏛️ Respecter ses obligations légales (Directive NIS 2, RGPD). 💼 Activer l’assurance cyber (nécessite un dépôt de plainte). 🔟 Quel est le rôle d’un avocat en cybercriminalité ? Un avocat en cybersécurité vous aide à : ✅ Qualifier juridiquement l’attaque et déposer plainte.✅ Gérer les notifications obligatoires auprès des autorités.✅ Activer votre assurance cyber pour indemnisation.✅ Engager la responsabilité de votre prestataire IT en cas de faille de sécurité.✅ Conseiller sur la gestion de crise et communication post-cyberattaque. 🎯 Besoin d’un accompagnement en cybersécurité ? 🔹 Protégez votre entreprise dès maintenant contre les cyberattaques ! Pour prendre rendez-vous :  👉 🌐 www.fg-avocat.com 👉 📧 fatima.ghilassene@fg-avocat.com Article rédigé par Fatima GHILASSENE, avocate en droit de la cybersécurité 

Lire la suite »

La responsabilité numérique des entreprises

Qu’est ce que la responsabilité numérique des entreprises? La responsabilité numérique des entreprises s’inscrit dans une démarche qui incitent les organisations à intégrer dans leur politique RSE les impacts générés par leurs activités numériques. La responsabilité numérique des entreprises s’articule autour de trois catégories d’ enjeux liés à l’utilisation du numérique dans leurs activités : Enjeux des données : Enjeux environnementaux : Le numérique a un impact environnemental non négligeable. La collecte, le traitement et le stockage de volumes de plus en plus massifs de données génèrent : Les entreprises doivent adopter des pratiques permettant de réduire leur empreinte carbone et promouvoir des technologies plus économes en énergie. Enjeux sociaux : L’organisation du travail est transformée par le numérique. De nouvelles formes de précarité et de pénibilité au travail sont apparues avec le développement des activités numériques. Pour atténuer ces effets systémiques, les entreprises doivent mettre enplace des actions concrètes afin de garantir des conditions de travail équitable, favoriser le dialogue social et protéger les droits des travailleurs. Enjeux spécifiques soulevés par l’intelligence artificielle : les discriminations numériques La discrimination numérique est un phénomène qui se manifeste lorsque des biais discriminatoires sont présents dans les outils numériques, tels que les algorithmes et l’intelligence artificielle (IA). Les biais dans les algorithmes : les algorithmes, même s’ils semblent neutres, peuvent contenir des biais. Ces biais proviennent souvent des données utilisées pour les entraîner. Si ces données sont elles-mêmes discriminatoires, les algorithmes risquent de reproduire ces discriminations. Par exemple, des critères apparemment neutres peuvent, lorsqu’ils sont combinés, entraîner des effets discriminatoires. Invisibilité des biais : les biais dans les algorithmes sont souvent difficiles à détecter individuellement. Même les systèmes d’IA complexes peuvent générer des effets discriminatoires sans que cela soit immédiatement visible. Exemples :

Lire la suite »